Notre époque, caractérisée par une circulation effrénée de l’information, nous pousse à des choix rapides et parfois hâtifs. Face à cette abondance, nous sommes tentés de simplifier notre environnement en catégorisant l’information en « utile » et « inutile ». Or, cette dichotomie simpliste nous conduit souvent à des erreurs de jugement.
L’avènement du numérique a profondément modifié notre rapport aux nombres. Tandis que les calculatrices et les smartphones effectuent les opérations les plus complexes en un clin d’œil, certains parents remettent en question l’utilité d’enseigner les opérations élémentaires à leurs enfants. Cette remise en question est compréhensible, mais elle ne tient pas compte du rôle essentiel que jouent ces fondamentaux dans le développement cognitif. En effet, maîtriser l’addition et la soustraction, c’est acquérir des outils mentaux indispensables pour comprendre le monde qui nous entoure et résoudre des problèmes de toute nature. C’est également développer un sens de la logique et de la rigueur qui seront utiles dans de nombreuses disciplines
Cette attitude et d’autres réflexions similaires ont donné naissance à trois grandes idées fausses concernant l’apprentissage des mathématiques élémentaires :
- À l’ère des smartphones et des ordinateurs, il est inutile d’apprendre les opérations de calcul de base.
- Les méthodes d’apprentissage des bases de l’addition et de la soustraction à l’aide d’une calculatrice, de jetons, d’un cube mathématique… sont dépassées.
- La réalisation d’opérations arithmétiques n’a pas d’influence sur le développement des enfants.
Tout commence par les nombres, ces briques élémentaires qui sous-tendent tous les calculs et analyses. Indispensables à toute opération mathématique, les nombres ne sont pas des entités isolées. Ils acquièrent leur sens lorsqu’ils sont associés à des quantités ou à des objets concrets. Par exemple, on peut avoir 3 bonbons, 3 chemises, mais le chiffre 3 en lui-même n’existe pas dans la réalité ; il représente une quantité.
Une chose est claire, à la base des mathématiques se trouvent les nombres et ils sont inévitablement liés. Pour qu’un enfant puisse aborder des problèmes mathématiques, il doit entrer progressivement dans le monde des nombres : en commençant par compter, en passant par l’acquisition du concept de nombre jusqu’aux opérations de calcul. Une conclusion logique peut découler de cette affirmation : nos enfants peuvent utiliser le , le téléphone et d’autres technologies pour calculer la somme ou la différence de deux nombres. Mais la question est, de savoir comment ils accompliront des tâches plus complexes dans les classes ultérieures. Il est généralement admis que les différentes branches des mathématiques sont liées et que les opérations de calcul, aussi simples et inutiles qu’elles puissent paraître, représentent le lien le plus important des mathématiques élémentaires.

Après cette évidence, abordons les avantages de la mémorisation. Nombreux sont ceux qui se demandent si cette compétence présente des avantages ? La profession nous dit que le calcul mental permet d’approfondir la compréhension des concepts mathématiques de base. Une fois qu’un élève a appris des astuces et des techniques mathématiques pour effectuer rapidement des opérations arithmétiques, il peut envisager plus rapidement d’aborder un ensemble de problèmes mathématiques.
Il convient également de garder à l’esprit les éléments suivants.
1. Selon de nombreuses études, la facilité à calculer par cœur est l’un des indicateurs de l’intelligence logique de votre enfant.
2. De même, un enfant qui est fasciné par les chiffres dès son plus jeune âge et qui aime compter, à plus de prédispositions pour développer au maximum son esprit logique.
3. Le calcul mental exerce l’attention.
4. La réalisation d’opérations de calcul influe directement sur l’augmentation de la capacité de concentration.
5. De plus, les élèves qui ont la capacité d’effectuer des opérations de calcul en tout lieu sans avoir recours au papier, au crayon…, ont, (psychologiquement parlant), davantage confiance en eux et cette capacité procure aux enfants un grand sentiment de réussite et d’autosatisfaction.
6. Certaines recherches ont confirmé que les enfants qui résolvent des problèmes en mathématiques ont plus de facilité à faire face aux problèmes de la vie quotidienne.
Avant de pouvoir s’essayer au calcul mental, ils doivent perfectionner cette compétence à l’aide de divers supports. Les psychologues estiment qu’aux premiers stades de l’apprentissage des mathématiques, l’utilisation d’aides mathématiques telles que les jetons, les calculatrices, les cubes mathématiques… aide à comprendre et à visualiser l’opération de calcul ! Une fois que les enfants ont maîtrisé ces concepts, ils sont prêts à apprendre les techniques de calcul mental.

Quand on y pense, tous ces éléments sont très logiques et corrects, mais l’essentiel est là : pour que notre enfant développe une intelligence logique, il doit constamment s’amuser avec les opérations arithmétiques, percevoir les nombres dans son environnement et les mettre en relation. Le meilleur moyen d’y parvenir est le jeu, car d’après les psychologues, c’est en jouant que l’on se souvient le mieux et le plus longtemps de ce que l’on apprend ! Voyons donc quels sont les jeux qui aident le plus à relever ce soi-disant défi ! Demandez à l’enfant d’observer son environnement au cours de la journée et de se souvenir des endroits où il a vu des chiffres. À la fin de la journée, laissez-le vous faire part de ses observations. Il en conclura que les chiffres sont partout autour de nous.
De même, vous pouvez lui proposer de mesurer la longueur et la largeur de sa chambre à l’aide d’un objet qu’il affectionne : sa plus grande poupée ou bien une petite voiture. De cette façon, il entre dans le problème des différentes unités de mesure. Notez que dans ce cas, la pièce aura par exemple une longueur de 20 poupées, ou de 10 voitures, mais il est ainsi facile de passer à des unités de mesure réelles.